Comment une PAC peut-elle être rentable ?
Énergies renouvelables et faible consommation électrique : les clés de la rentabilité des PAC
Vous vous demandez pourquoi les pompes à chaleur sont aussi rentables ? Leur fonctionnement intrinsèque leur offre un haut rendement énergétique : on vous explique tout.
Une faible consommation d’électricité grâce à une haute efficacité énergétique
La pompe à chaleur est un mode de chauffage et de climatisation rentable, car elle utilise peu d’énergie pour fonctionner. En effet, là où un chauffage électrique classique consomme 1 kWh d’électricité pour produire 1 kWh de chaleur, la PAC produit généralement 3 à 6 fois plus de puissance thermique que sa consommation électrique.
C’est d’ailleurs ce qu’indiquent les valeurs COP (coefficient de performance) et SCOP (coefficient de performance saisonnier). Le chiffre associé à ces indicateurs permet de connaître la quantité de chaleur produite pour un 1 kWh d’électricité absorbée. Par exemple, un SCOP de 4 signifie que la PAC arrive à produire 4 kWh de chaleur lorsqu’elle consomme 1 kWh d’électricité.
Mais concrètement, quelle est la consommation électrique d’une PAC ? Difficile de répondre à cette question, tant il existe de situations différentes. Toutefois, on estime qu’en moyenne, une pompe à chaleur consomme 30 à 50 kWh par m² à l’année. En comparaison, une maison suisse construite dans les années 1970-1980 consomme en moyenne entre 120 et 150 kWh par an et par m² (source : Office fédéral de l'énergie - Normes CECB) avec un système de chauffage classique.
La chaleur ambiante comme source première d’énergie
Si une PAC utilise peu d’électricité pour fonctionner, c’est parce qu’elle ne produit pas directement la chaleur. Elle puise dans les énergies renouvelables pour transférer cette chaleur. Plus concrètement, voici comment cela fonctionne :
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Le compresseur et les autres accessoires (circulateur, ventilateur, etc.) sont mis en fonctionnement avec l’électricité.
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La pompe à chaleur va puiser les calories dans l’air, dans l’eau ou dans le sol, suivant son mode de fonctionnement (PAC aérothermique, hydrothermique ou géothermique). Ces calories sont captées par un fluide frigorigène qui s’évapore en absorbant cette énergie.
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Le compresseur comprime le fluide, ce qui augmente fortement sa température et sa pression.
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L’échangeur thermique restitue cette chaleur dans le circuit de chauffage, et dans le même temps, le fluide frigorigène se condense, repasse par un détendeur pour retrouver son état initial.
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La pompe transfère la chaleur dans le circuit d’eau chaude pour alimenter des radiateurs ou un plancher chauffant (ou rejette directement dans l’air pour une PAC air-air), et parfois pour produire l’eau chaude sanitaire.
Grâce à ce fonctionnement, la PAC est rentable : elle utilise majoritairement des énergies « gratuites » présentes dans l’environnement pour assurer son rôle de chauffage ou de climatisation.
Prix de l’installation d’une PAC et économies d’énergie : bien calculer pour avoir un système rentable
La pompe à chaleur permet de faire des économies d’énergie par rapport à d’autres types de chauffage, mais elle représente aussi des coûts importants à l’installation. Voici comment s’assurer d’avoir une PAC rapidement rentable.
Coût de la pompe à chaleur VS coût à l’usage
L’achat et l’installation d’une pompe à chaleur en Suisse peut coûter entre 5000 et plus de 50 000 CHF selon le modèle, la marque, les contraintes d’installation (ex. : forage pour une pompe eau-eau), etc. Il faut donc plusieurs années avant que cet investissement devienne rentable.
Dans tous les cas, il ne s’agit pas de comparer uniquement le prix de l’installation des différentes PAC, mais aussi leurs performances, pour savoir les économies qu’elles permettent de réaliser.
Prix de la PAC (acquisition et installation) | Besoins annuels en chauffage | SCOP de la PAC | Estimation consommation électrique (besoins annuels en chauffage/SCOP) | Coût annuel (avec prix du kWh à 28 cts) : Avec la pompe à chaleur | Coût annuel (avec prix du kWh à 28 cts) : Avec un chauffage électrique classique | Économies annuelles réalisées (hors frais entretien de la PAC) | Nombre d’années pour rentabiliser la PAC (prix de la PAC/économies annuelles) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
10 000 CHF | 7000 kWh | 3,5 | 2000 kWh | 560 CHF | 1960 CHF | 1400 CHF | Un peu + de 7 ans |
10 000 CHF | 12 000 kWh | 3,5 | 3428 kWh | 960 CHF | 3360 CHF | 2400 CHF | Un peu + de 4 ans |
22 000 CHF | 9000 kWh | 4 | 2250 kWh | 630 CHF | 2520 CHF | 1890 CHF | Un peu + de 11 ans |
22 000 CHF | 9000 kWh | 6 | 1500 kWh | 420 CHF | 2520 CHF | 2100 CHF | 10,5 ans |
Voici quelques exemples qui pourront vous aider à faire des comparaisons :
Ce tableau nous montre que l’investissement dans une pompe à chaleur peut être rentable en quelques années, mais qu’il faut parfois attendre bien plus longtemps pour arriver au seuil de rentabilité. D’autant que ce calcul ne prend pas en considération les frais de maintenance de la pompe à chaleur (changement de pièces, entretien régulier par un professionnel, etc.).
On constate aussi que plusieurs critères vont faire varier la rentabilité : le coût initial de la PAC bien sûr, mais aussi les besoins en chauffage du foyer et le coefficient de performance de l’appareil.
Les aides financières pour une PAC plus rentable
Pour qu’une PAC soit plus rapidement rentable, on peut jouer sur plusieurs éléments : choisir une pompe avec un meilleur SCOP, mais aussi réduire les coûts d’achat et d’installation. Pour cela, diverses aides existent en Suisse :
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des aides propres à chaque canton, qui détermine le montant alloué et les conditions. Les aides oscillent alors entre 2000 et 15 000 CHF, voire plus ;
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la Prime Climat, valable dans tout le pays pour le remplacement d’un chauffage au gaz ou au mazout, par une pompe à chaleur de 40 kW minimum ;
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aides octroyées par les fournisseurs d’énergie ;
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allègements fiscaux proposés par certaines communes, etc.
Ainsi, si on reprend la dernière ligne du tableau précédent, avec par exemple un coût qui passe de 22 000 CHF à 17 000 CHF grâce à des aides cumulées de 5000 CHF, on peut rentabiliser la pompe à chaleur en 8 ans au lieu de 10,5 ans.
Les critères qui influent sur la rentabilité d’une PAC : conditions et bonnes pratiques
L’efficience d’une pompe à chaleur n’est pas fixe : voici les facteurs dont dépend la rentabilité d’une PAC.
Les coûts de l’électricité et des autres énergies
Le prix du kilowattheure d’électricité affecte directement la rentabilité d’une pompe à chaleur. La PAC reste généralement plus avantageuse qu'un chauffage électrique direct grâce à son rendement élevé, même lorsque le prix de l'électricité augmente. Si le prix de l’électricité baisse en revanche, la PAC devient un peu moins rentable, mais consommera toujours moins qu’un chauffage standard.
Toutefois, lorsque la pompe à chaleur vient remplacer une chaudière au mazout, une chaudière au gaz ou encore un poêle à pellets, il faut faire d’autres comparaisons. Il convient alors de déterminer le coût annuel du système de chauffage existant (idéalement en faisant une moyenne sur plusieurs années), puis de le comparer à l’estimation de la consommation électrique annuelle de la PAC. On sait alors si la pompe à chaleur sera rentable et combien elle fera économiser chaque année.
Le conseil en plus : pour économiser encore plus sur la facture d’énergie, il peut être pertinent de coupler la PAC avec un système solaire. Ainsi, la pompe fonctionne avec l’énergie solaire, sans avoir besoin du réseau électrique.
Le choix de la PAC : dimensionnement et performance énergétique
La rentabilité d’une pompe à chaleur dépend aussi de ses critères techniques et de sa capacité à combler les besoins du logement.
Il est notamment important de bien dimensionner sa pompe à chaleur en fonction du volume à chauffer et de la quantité d’eau chaude sanitaire à produire. Il est conseillé de se faire accompagner par un professionnel afin de faire le bon choix. Une pompe bien dimensionnée fonctionnera à la bonne puissance, sans surconsommation électrique et sans enchaîner les cycles de marche et d’arrêt.
N’oublions pas non plus l’importance du coefficient énergétique saisonnier (SCOP) de l’appareil. C’est un indicateur déterminant : plus il est élevé, plus la pompe à chaleur sera rentable, car elle nécessitera moins d’électricité pour produire une même puissance thermique.
Par ailleurs, il est intéressant d’investir dans une pompe à chaleur avec technologie Inverter. Cette dernière permet un ajustement automatique de la puissance de fonctionnement, pour économiser encore plus d’énergie.
Le climat et les conditions extérieures
Toutes choses égales par ailleurs, une pompe à chaleur sera un peu moins rentable dans une région froide : plus l'air est froid, plus l'appareil doit fournir d'efforts pour capter les calories, ce qui augmente sa consommation d'électricité. À l'inverse, dans une région au climat tempéré, la PAC conserve un meilleur rendement tout au long de l'année.
Cela vaut surtout pour les pompes aérothermiques (air-eau ou air-air). Les pompes à chaleur géothermiques et eau-eau sont quant à elles moins sensibles aux variations climatiques, car elles exploitent des sources de chaleur dont la température reste relativement stable.
Pour autant, la pompe à chaleur pourra tout à fait fonctionner dans un logement situé à la montagne et là où les hivers sont assez rudes. Elle s’avérera rentable en choisissant le modèle adapté.
L’isolation de la maison
Même avec la PAC la plus performante du marché, la rentabilité ne sera pas forcément au rendez-vous si le logement est mal isolé. En effet, s’il y a de fortes déperditions de chaleur, la pompe devra fonctionner à une puissance plus élevée et/ou en continu pour chauffer à la température souhaitée.
Dans le cadre d’une rénovation énergétique, il ne faut donc pas seulement penser au mode de chauffage. Murs, fenêtres, sols, toiture, etc. : toute l’isolation du bâtiment doit être performante pour une rentabilité maximale.
Le type de chauffage à l’intérieur du logement
Le type d'émetteurs installés dans le logement a également une influence sur la rentabilité de la pompe à chaleur. Le chauffage au sol et les radiateurs basse température permettent de chauffer efficacement avec une eau à faible température (30 à 45 °C). La PAC a alors un meilleur rendement, puisqu’elle a besoin de moins d’énergie que si elle devait fournir une eau à 50°C ou plus.
Au contraire, avec des radiateurs anciens qui ont besoin d’une eau à haute température, le compresseur est davantage sollicité, augmentant la consommation électrique.
Les réglages et la programmation de la PAC
Lorsqu’une pompe à chaleur ne dispose pas d’options de réglage précis, on ne maîtrise pas parfaitement la température et on doit chauffer de la même manière partout dans la maison. En revanche, avec des thermostats connectés, divers modes de programmation et des réglages personnalisés, on maîtrise mieux sa consommation. Avoir une pompe à chaleur connectée et intelligente permet ainsi de maximiser sa rentabilité.
Par exemple, on peut décider de chauffer moins dans les chambres que dans la pièce de vie, disposer d’un appareil capable d’adapter la température de l’eau chaude à la température extérieure, réduire la température lorsqu’on est au travail ou quand on part en vacances, etc.
Les habitudes de consommation du foyer et les gestes à adopter
Comme avec n’importe quel autre chauffage, il faut également penser à certaines bonnes habitudes pour obtenir un rendement optimal de la PAC :
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ne pas régler à une température trop élevée ;
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éviter les variations trop importantes entre le jour et la nuit ou entre les périodes de présence et d’absence ;
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ne pas laisser les fenêtres ouvertes quand le chauffage est en route ;
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fermer volets et rideaux la nuit pour éviter les déperditions de chaleur ;
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penser à consulter l’application mobile dans le cas d’une PAC connectée, pour vérifier le bon fonctionnement et ajuster la température selon les besoins, même à distance, etc.
L’entretien de l’équipement
Une pompe à chaleur mal entretenue risque de perdre en performance, et donc de devenir moins rentable. Ventilateur et filtres encrassés, pression anormale, défaillance de la sonde de température, fuite de fluide frigorigène, etc. : voilà autant de problèmes qui peuvent mener à une surconsommation, voire à des pannes.
Il est donc conseillé de vérifier régulièrement l’unité extérieure de la PAC et de la nettoyer. En complément des gestes courants d’entretien, le passage d’un professionnel qualifié est également indispensable, tous les ans ou tous les 2 ans.
Rendement, économies d’énergie et baisse de la facture d’électricité : ce qu’il faut retenir sur la rentabilité des pompes à chaleur
Une pompe à chaleur est rentable parce qu'elle produit plusieurs kilowattheures de chaleur pour seulement 1 kWh d'électricité consommé. Grâce aux calories puisées dans l'air, le sol ou l'eau, elle réduit fortement les besoins en énergie par rapport à un chauffage électrique classique, et permet également de réaliser des économies face à de nombreux chauffages au gaz ou au mazout. Les aides financières et le couplage avec des panneaux solaires peuvent encore accélérer l'amortissement de l'investissement.
Néanmoins, sa rentabilité dépend de plusieurs facteurs : un dimensionnement adapté, un bon coefficient de performance (SCOP), une installation de qualité, une isolation performante, des réglages optimisés, un entretien régulier, etc.
Bien choisie, correctement installée et utilisée dans de bonnes conditions, une pompe à chaleur constitue donc une solution de chauffage performante et rentable.
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