Faire des économies avec une pompe à chaleur : 8 points à connaître
1 - Ce qui alourdit la facture avec une pompe à chaleur
La rentabilité d'une PAC au quotidien - et donc les économies d’électricité que vous pouvez en tirer - dépend d'abord du modèle que vous avez choisi. Mais elle tient aussi et surtout à l'effort demandé à l'appareil. Cet effort dépend avant tout de l'écart de température que votre système doit combler. Il est également lié aux différents postes de dépenses du logement.
L'écart entre la source et la température demandée
Les économies produites par une pompe à chaleur dépendent essentiellement de la quantité d'électricité qu'elle consomme. Et cette quantité d'électricité augmente quand l'écart entre la température extérieure et la température de consigne s’accroît. Le COP - coefficient de performance énergétique - mesure la capacité de la pompe à chaleur à minimiser cette consommation d'électricité.
N.B. Un COP de 4 signifie que pour 1 kWh d'électricité consommée, la PAC produit 4 kWh d'énergie.
Les postes de dépenses et les leviers d'action
La facture énergétique annuelle se répartit principalement sur quatre postes. Le chauffage des pièces de la maison, et, bien sûr, la question centrale. Toutefois l’eau chaude sanitaire, l’appoint électrique et auxiliaires sont des sujets à ne pas sous-estimer.
Poste de dépense | Levier principal | PAC air-eau | PAC air-air |
Chauffage des pièces | Température de consigne | Loi d'eau | Air soufflé |
Eau chaude sanitaire | Consigne du ballon et heure de chauffe | Avec ballon externe ou interne | Ballon électrique indépendant |
Appoint électrique | Point de bascule en hiver | Par grand froid | Pas de résistance |
Auxiliaires et dégivrage | Entretien de l'échangeur | Consommation intermittente | Unité extérieure équipée |
2 - Produire moins de chaleur, le levier le plus efficace
Les économies générées par une pompe à chaleur dépendent principalement de la température qu'elle doit produire. Ce paramètre change de dénomination selon la PAC : loi d’eau avec une PAC à eau (air-eau, eau-eau, sol-eau), température de soufflage avec une PAC air-air. Les économies sur la consommation d'électricité se chiffrent en dizaines de CHF chaque mois.
La loi d'eau : ajuster la production au climat du moment
La loi d'eau est une courbe qui relie la température extérieure et la température d'eau que doit produire la pompe à chaleur à eau. Dans l'utilisation quotidienne d'une pompe à chaleur, cette loi joue un rôle central parce qu'elle évite de produire une eau plus chaude que nécessaire. Et on sait qu'une pompe à chaleur fonctionne généralement mieux avec une température de départ basse.
Le gain mesuré entre un départ à 35 °C et un départ à 55 °C
Dans son guide des pompes à chaleur, l'Office fédéral de l'énergie suisse chiffre le gain. Une PAC dimensionnée pour un départ d'eau à 35 °C affiche un COP saisonnier supérieur d'environ 20 % à la même classe d'appareil dimensionnée pour 55 °C. Preuve en est : un modèle de classe énergétique A++ en basse température rejoint le rendement d'un modèle A++ conçu pour 55 °C..
En air-air, la température de soufflage joue le même rôle
Une pompe à chaleur air-air n'est pas reliée à des radiateurs ou un plancher chauffant. Avec elle, c'est la température de l'air soufflé par l'unité intérieure qui remplit la fonction de la loi d'eau. Aussi, quand vous choisissez de souffler à 40 °C plutôt qu'à 30 °C, vous réduisez drastiquement son efficacité énergétique.
N.B. Dans les régions suisses très froides en hiver, l’installation d’un deuxième système de production de chaleur est fortement conseillée.
3 - Mieux isoler : un geste à privilégier
Pour faire des économies avec une pompe à chaleur, l'isolation est une question centrale. Sans isolation de qualité, tous les efforts que vous chercherez à faire sur l'optimisation du pilotage produiront moins d'effets. Une maison mal isolée exige de monter la température de consigne. Cette action a pour effet de diminuer le rendement énergétique de la machine et d'augmenter la consommation d'électricité.
Quand l'enveloppe de la maison a des fuites, la consommation augmente
C'est simple à comprendre. Plus une maison perd de chaleur, plus il faut de puissance pour maintenir une température de confort de 20 °C. Sur un circuit d'eau, cette puissance s'obtient en montant la température de départ. La loi d'eau s'élève. L’écart à franchir augmente et le COP chute. Avec une pompe à chaleur air-air, c'est le même mécanisme. Le manque d'isolation pousse à élever la température de soufflage.
Installer une pompe à chaleur avant d'isoler : vraiment ?
Les économies de chauffage annoncées par les vendeurs de pompes à chaleur sont telles que de nombreux propriétaires s’empressent d’installer l’appareil. C'est une erreur. La pompe à chaleur est dimensionnée en fonction de cette isolation faible. Votre système tourne à haute température. Le COP annoncé par la notice n'est pas au rendez-vous.
N.B. Réaliser l'isolation a posteriori n'est pas une bonne idée parce que la pompe à chaleur sera surdimensionnée.
Ce qu'un CECB apporte à un projet de PAC
N'hésitez pas à consulter le certificat énergétique cantonal des bâtiments. Il note un logement de A à G, avec une classe distincte pour l'enveloppe - l’isolation - et une pour l'efficacité énergétique globale. C'est bien la classe distincte de l'enveloppe qui intéresse un projet de PAC. Elle dit si votre maison supportera un régime basse température. Ce service propose aussi un accompagnement-conseil (CECB Plus).
4 - Un degré de consigne en plus, attention à la facture
Les économies produites par une pompe à chaleur dépendent de la température produite par l'appareil. Elles proviennent également de la température demandée dans les pièces. Sur ces aspects, tout se joue dans les détails. Il faut compter degré par degré, voire demi-degré par demi-degré.
6 à 10 % de frais de chauffage par degré de consigne
Un degré de consigne supplémentaire demandé dans les pièces représente entre 6 et 10 % de plus sur la facture de chauffage sur une saison entière. Le programme énergétique fédéral recommande 20 °C dans le séjour et 17 °C dans les chambres. Passer de 22 à 20 °C dans les pièces de vie génère donc de 12 à 20 % d’économies annuelles sur la consommation d’électricité.
Stopper le chauffage dans une pièce vs économies
Il ressort des analyses de pratique que couper le chauffage dans une pièce avec une pompe à chaleur à eau n'est pas une bonne idée. Pourquoi ? Parce qu'une pièce froide prélève de la chaleur sur les pièces voisines à travers les murs, en particulier quand l'isolation est faible. Avec une pompe à chaleur air-air, stopper le chauffage dans une pièce inoccupée est nécessaire et produit des économies.
Relances répétées ou marche continue : que choisir ?
Cela concerne principalement les pompes à chaleur à eau. Un appareil qui s'arrête et redémarre plusieurs fois par jour présente une consommation d'électricité supérieure à celle d'un appareil qui tourne en continu à faible régime. De plus, il sera statistiquement plus exposé aux pannes. En effet, la durée de vie d’un compresseur se raccourcit quand les arrêts et démarrages sont trop fréquents.
5 - Par grand froid, la résistance consomme
Le sujet des économies d'énergie par grand froid est central en Suisse, surtout si votre maison se situe en altitude. Cette question concerne uniquement les pompes à chaleur à eau. Leur système intègre une résistance électrique d'appoint qui prend le relais quand les températures extérieures chutent. C’est cette résistance qui peut faire exploser votre consommation d’électricité.
La résistance chauffe au prix d'un radiateur électrique
La puissance moyenne d’une résistance d’appoint varie de 3 à 9 kW. Elle fonctionne comme un radiateur électrique et chauffe l’eau du chauffage. Son COP est de 1. Elle produit donc 1 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité consommée. Au tarif suisse de 27,7 centimes le kWh en 2026, chaque heure d'appoint annule les économies d'énergie générées par la PAC dans la journée.
Les situations qui déclenchent la résistance sans nécessité
Une température extérieure très basse n'est pas la seule cause de démarrage de la résistance électrique d’appoint. D'autres sont à l'œuvre alors même que la pompe à chaleur suffirait :
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point de bascule réglé trop haut, qui appelle l'appoint dès 0 °C ;
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loi d'eau exigeant des températures que la machine n'atteint pas seule ;
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remontée après un abaissement nocturne trop profond ;
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puissance de PAC mal dimensionnée pour la maison.
Est-ce que la résistance tourne chez vous ?
Ainsi, très souvent donc, les causes de démarrage de la résistance électrique sont liées à un paramètre de régulation laissé tel quel après l'installation. Pour savoir si la résistance électrique démarre trop souvent chez vous, repérez les sauts brutaux de consommation d'électricité (sur votre facture ou sur l'interface de votre fournisseur d'énergie). Ils trahissent un problème de régulation qui peut se régler facilement.
6 - L'eau chaude sanitaire, la consommation insidieuse
Les pistes d'économie lors de l’utilisation d’une pompe à chaleur air-air ou air-eau sont nombreuses. L'eau chaude sanitaire est l'une d'entre elles. Et pour cause, alors que le chauffage s'arrête au printemps, l'eau chaude continue de demander de l'énergie. Explorons ce sujet pour trouver des pistes d’économies.
La température du ballon décide de la consommation
Pour générer des économies, il est possible de gérer sur la température de consigne du ballon d'eau chaude, qu'il soit interne ou externe à la PAC. Chauffer l'eau à 70 °C au lieu de 60 °C (température recommandée par les autorités sanitaires suisses) a un coût qui peut atteindre quelques centaines de CHF par an. Attention tout de même, une température du ballon inférieure à 50 °C crée des risques de légionellose.
Quand la PAC chauffe-t-elle plus efficacement ?
Une pompe à chaleur produit de l'eau chaude sanitaire avec plus d'efficacité quand la température de l'air extérieur est au plus haut, c'est-à-dire en milieu de journée. L'écart à franchir est plus faible. Cette plage coïncide avec le pic de production d'une installation solaire et chez plusieurs distributeurs d'électricité de Suisse romande avec les heures douces.
En air-air : étudier le remplacement du ballon
Comme une PAC air-air ne produit pas d'eau chaude sanitaire, la question de la modernisation de votre ballon d'eau chaude électrique se pose. En pratique, les experts recommandent l'installation simultanée d'un ballon électrique de nouvelle génération lors de l’installation de la PAC. Un ballon thermodynamique produira encore plus d'économies d'énergie.
7 - Encrassement et givre : deux problèmes invisibles
Quand une pompe à chaleur s'encrasse, les économies espérées ne sont pas au rendez-vous. L'Office fédéral de l'énergie indique que l'encrassement et le givre réduisent considérablement le rendement énergétique des pompes à chaleur aérothermiques. Dix points sont à connaître :
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L'échangeur de l'unité extérieure se charge de poussières, de pollen et de feuilles au fil des saisons.
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L'air circule moins bien entre les lamelles de l’échangeur, le transfert thermique se dégrade et le COP baisse.
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Un dégagement libre autour de l'appareil limite l'accumulation.
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Un rinçage annuel de l'échangeur, à l'eau claire, sans nettoyeur haute pression.
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En air-air, les filtres des unités intérieures se colmatent en quelques mois.
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Filtres encrassés : le ventilateur force, la performance chute, la pièce chauffe plus lentement.
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Un nettoyage des filtres toutes les six semaines en saison de chauffe, pièce par pièce dans le logement.
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Un dégivrage trop fréquent dégrade la performance de la PAC.
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Au-dessus de 2 à 3 °C, la ventilation seule suffit à dégivrer et coûte peu.
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Des cycles de dégivrage trop fréquents ou une évacuation d'eau bouchée, nécessitent une visite d'entretien.
8 - Faire les bons choix avant l’installation
Garantir que la pompe à chaleur générera les économies attendues et annoncées nécessite de faire les bons choix avant l'installation. Cela concerne notamment : la puissance retenue, le type de contrat d'électricité ou encore la préparation d'une future production solaire. Votre installateur détient toutes les informations nécessaires.
Le dimensionnement de la PAC : la condition des économies
Une pompe à chaleur trop puissante pose surtout des problématiques de pannes. Surdimensionné, l'appareil multiplie les démarrages et risque plus de pannes quand vous en avez le plus besoin. À l'inverse, une pompe à chaleur sous-dimensionnée tourne à plein régime et sa consommation d'électricité est supérieure à celle annoncée par la notice. Sur ce point, la précision est la règle.
Tarifs de l'électricité : à étudier de près
Les économies générées ne proviennent pas toujours de la pompe à chaleur elle-même. Elles sont également liées au tarif du kWh d'électricité. En Suisse romande, les distributeurs proposent un tarif double moins cher en heures creuses. Comparez les offres de SIG, Romande Energie, Groupe E, Viteos et SIL. Certains, comme SIG, proposent même un tarif spécifique pour les PAC.
Les sujets à explorer avec l'installateur
Un installateur expérimenté, honnête et fiable, dispose de toutes les informations dont vous avez besoin pour maximiser les économies d’exploitation. Avant de signer tout devis, posez-lui des questions clés, telles que :
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quelle température de départ, 35 ou 55 °C ?
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à quelle température extérieure l'appoint électrique prend-il le relais ?
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la loi d'eau sera-t-elle revue après le premier hiver ?
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que couvre le contrat d'entretien inscrit au devis, et pour quels coûts annuels en CHF ?
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quel coefficient de performance saisonnier annoncé pour ce logement ?
N.B. Faites le point de votre côté et listez les questions qui vous semblent pertinentes pour votre situation.
Économies et pompe à chaleur : une question de stratégie
Pour générer des économies avec une pompe à chaleur, vous pouvez baisser la température demandée, maintenir la consigne à 20 °C dans les pièces de vie et éviter le démarrage de la résistance d'appoint. L'isolation de la maison ou le dimensionnement de la PAC sont également des paramètres majeurs. L’essentiel est d’avoir une stratégie d’exploitation une fois l’appareil installé. Vous ne savez pas comment vous y prendre ? N'hésitez pas à demander l'aide de nos experts.
Maximisez vos économies avec le régime basse température
Un départ d'eau à 35 °C plutôt qu'à 55 °C augmente le rendement saisonnier de votre pompe à chaleur d'environ 20 %. Sollicitez un installateur qualifié pour vérifier si vos radiateurs supportent ce régime et garantir le bon dimensionnement de votre installation.